Les épitaphes célèbres les plus marquantes

Les épitaphes célèbres les plus marquantes

Une épitaphe est, selon la définition du Larousse, un nom féminin issu du Grec ancien signifiant “sur le tombeau”.

Il peut s’agir d’une inscription funéraire ou d’une plaque portant cette inscription. En quelque sorte, l’épitaphe est la dernière phrase adressée au monde au nom du défunt.

Si elle peut être perçue comme un simple ornement destiné à agrémenter la pierre tombale, l’épitaphe relève en réalité d’un art particulier qui, pour les Grecs anciens, constituait même un genre littéraire spécifique !

Ayant pour vocation de dépeindre, de manière courte et percutante, la personnalité et la sensibilité de la personne décédée, certains en ont même fait un enjeu majeur dans l’anticipation de leurs funérailles.

Voici donc un florilège des épitaphes marquantes à travers les âges.

La plus mathématique

“3.14159265358979323846264338327950”

Date : 1610
Auteur : Ludolph Van Ceulen
Contexte : Calculateur émérite, l’Allemand Ludolph Van Ceulen dédia une partie de sa vie au calcul du chiffre $\pi$ (Pi), obtenant une valeur à 35 décimales, inégalée pendant plus de 30 ans. Il lui parut donc tout à fait judicieux de l’inscrire en épitaphe sur sa propre tombe !

La plus optimiste

“The best is yet to come” (Le meilleur reste à venir)

Date : 1998
Auteur : Frank Sinatra
Contexte : Cette inscription sur sa tombe reprend son dernier titre chanté en public, ce qui ne manque pas d’ironie ! Fun fact : Sinatra fut également enterré avec un paquet de cigarettes (des Camel) et une bouteille de Jack Daniels.

La plus culottée

“Enfin seul !”

Date : 2005
Auteur : Armand Pierre Arman
Contexte : C’est au Père-Lachaise qu’on trouvait cette épitaphe… jusqu’en 2012 où elle fut dérobée ! Il faut dire que le ton provocateur assumé de son propriétaire, le peintre, plasticien et sculpteur Armand Pierre Arman, a tout pour plaire aux effrontés.

La plus poétique

« Les larmes d’autrui empliront / L’urne brisée de la Pitié ; / Des réprouvés le pleureront ; / Toujours pleurent les réprouvés. »

Date : 1900
Auteur : Oscar Wilde
Contexte : Enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris, le célèbre écrivain Irlandais a choisi d’inscrire comme épitaphe sur sa tombe les vers de son poème : “La Ballade de la geôle de Reading”.

La plus vieille

L'épitaphe de Seikilos

Date : Ier siècle après Jésus-Christ
Auteur : Seikilos
Contexte : Plus vieille épitaphe connue, cette stèle cylindrique comprend un poème et un chant. Retrouvée en 1883 en Turquie actuelle, elle serait dédiée à une femme nommée Euterpe.

La plus déterminée

« O.K… Je dois y aller maintenant. »

Date : 2002
Auteur : Dee Dee Ramone
Contexte : Fondateur du groupe de musique Punk “Ramones”, Dee Dee Ramone a choisi cette épitaphe en référence à son titre « Blitzkrieg Bop », un de ses plus connus.

La plus ironique

« Je suis prêt à rencontrer mon Créateur. Quant à savoir si mon Créateur est préparé à l’épreuve de me voir, c’est une autre histoire. »

Date : 1965
Auteur : Winston Churchill
Contexte : Connu pour son humour caustique qui n’hésitait pas à égratigner ses adversaires, Winston Churchill n’a pas voulu manquer l’occasion d’un ultime trait d’esprit et a signé une épitaphe à son image, mêlant ironie et autodérision.

La plus assassine

Ci-gît un fameux cardinal
Qui fit plus de mal que de bien.
Le bien qu’il fit, il le fit mal,
Le mal qu’il fit, il le fit bien.

Date : Env. 1650
Auteur : Isaac de Benserade - visant le Cardinal Richelieu
Contexte : Protégé du Cardinal Richelieu, l’écrivain et poète de la Cour a marqué l’histoire avec ces excellentes rimes pour son défunt mécène.

La plus dissuasive

« Mon bon ami, pour l’amour de Jésus, abstiens-toi de creuser la poussière enfermée ici. Béni soit celui qui épargne ces pierres, et maudit soit celui qui dérange mes os. »

Date : 1616
Auteur : William Shakespeare
Contexte : C’est au célébrissime auteur britannique que l’on prête cette épitaphe particulièrement intimidante. Le message est limpide : gare à celui qui oserait exhumé les os du dramaturge !

La plus affectueuse

Ci-gît ma femme : Oh ! Qu’elle est bien, Pour son repos et pour le mien !

Date : 1616
Auteur : Jacques Du Lorens
Contexte : L’épouse du poète satirique français était a priori réputée pour avoir un tempérament particulièrement trempé, ce qui transforme ce tombeau en un terrain de jeu verbal.


Simple ornement de pierre tombale pour certains, véritable défi d’éloquence, d’esprit et d’érudition pour d’autres, l’épitaphe, star discrète des cimetières, fascine depuis des siècles !

Et vous, y avez-vous déjà réfléchi ?